La CDO a réuni des groupes de discussion étudiants dans les facultés de droit suivantes : Osgoode Hall (12 étudiants), Université d’Ottawa (20 étudiants), Université Queen’s (11 étudiants et 2 professeurs, dont un professeur invité suédois) et Université de Toronto (20 étudiants, répartis en deux groupes de discussion). Ces commentaires sont fournis en espérant que les facultés de droit les trouveront utiles lorsqu’elles se pencheront sur la pertinence des modules et sur leurs méthodes d’intégration au programme d’études. Les références aux facultés de droit et les commentaires des étudiants ont été généricisés (par exemple, les cours intensifs offerts par les facultés sous des noms spécifiques sont devenus des « cours intensifs »). Cela étant, la plupart des commentaires recueillis ne ciblaient aucune faculté en particulier. Les doyens auront accès aux commentaires des étudiants de leurs facultés.

A. Première faculté de droit

1. Commentaires relatifs au contenu du programme d’études

  • La composante portant sur la déontologie est emballante
  • L’idée de proposer de « trucs » pour aider la pratique est très intéressante
  • La concentration actuelle sur le formalisme juridique technique et l’adhésion à la cohésion interne de la « loi » n’est pas en lien avec la réalité
  • On devrait commencer par des renseignements généraux, puis passer au contenu plus ciblé, plus spécialisé

2. Comment, quand et où traiter de ce sujet

  • Doit être offert à tous les étudiants, sinon, seuls les étudiants agissant de leur propre volonté y participeront
  • Il faut un environnement sécuritaire pour que les gens disent ce qu’ils pensent
  • Certains profs ne savent pas comment en parler, alors des suggestions et de la formation pour les profs seraient utiles
  • Les débats doivent tenir compte des expériences vécues par les gens de la classe
  • On blâme trop les victimes dans les débats sur la violence familiale et l’agression sexuelle
  • Ce sujet devrait être enseigné en première année
  • La composante sur les habiletés devrait être enseignée en petits groupes en première année
  • La faculté de droit devrait collaborer avec des organismes communautaires
  • Une clinique d’aide juridique de la faculté de droit devrait traiter des cas de VEF
  • Cela pourrait être intégré aux cours de « droit en contexte » ou de « points de vue juridiques »

 

B. Deuxième faculté de droit

1. Commentaires relatifs au contenu du programme d’études

  • Nécessité d’un module en droit de l’immigration
  • Situations de fait
  • Des directives à l’usage des profs devraient accompagner le matériel
  • Utilisation de ressources externes et de gens de l’extérieur – praticiens dans des domaines auxquels les étudiants s’intéressent
  • Doit être multidimensionnel
  • Une partie du contenu pourrait être à option/lectures proposées dans les cours existants
  • Doit être entièrement intégré et non un ajout
  • On pourrait créer une liste universelle de jurisprudence à part, que tous les profs pourraient utiliser dans leurs cours
  • Cibler le plan de cours : attentes, objectifs, etc., et non seulement une liste de lecture
  • Devrait-on faire un module à part couvrant les questions de preuve?
  • Devrait-on ajouter du contenu sur la violence à l’égard des hommes?

2. Comment, quand et où traiter de ce sujet

  • Doit être obligatoire en première année, sinon seuls les gens qui sont déjà intéressés par la matière s’inscriront au cours
  • Pourrait fonctionner en [cours intensif]
  • Pourrait faire partie d’un module de formation avec cliniques, en y intégrant des considérations d’ordre professionnel
  • Pourrait intégrer une partie de ce matériel pédagogique dans le matériel anti-oppression en cours d’élaboration pour la première année de droit
  • Donner les outils aux étudiants
  • Trois facultés de droit – Toronto, Ottawa, Osgoode – ont des projets de CARPS [Commission d’appel et de révision des professions de la santé] par le biais de PBSC, dans lesquels les étudiants représentent des clients lors d’auditions. Ce matériel pédagogique pourrait être intégré à leur formation
  • Difficile de faire participer les étudiants des classes populeuses de première année
  • Les étudiants de première année doivent suivre [un cours intensif] – peut-être qu’une partie de ce matériel s’y prêterait
  • Exigence en matière de points de vue
  • Faire un cours d’une journée consacrée à la déontologie
  • Intégrer certains aspects de ce matériel dans les activités de recherche juridique et de rédaction en première année

3. Commentaires touchant la culture actuelle de la faculté de droit par rapport à la VEF

  • Il faut l’enseigner dans un cadre sécuritaire pour les étudiants
  • Beaucoup de profs ignorent les notions élémentaires de ce sujet, sont incapables d’animer un débat en classe portant sur l’agression sexuelle/la violence familiale
  • Un grand nombre d’étudiants ont des préjugés inexacts sur la VEF, qui teignent leur façon d’aborder le matériel pédagogique qui leur est présenté
  • Les profs devraient préciser les paramètres de discussion et les règles de comportement en classe lorsque ces sujets sont discutés
  • Il y a un manque de respect envers les femmes qui ont connu la violence; on ne croit pas que ça arrive à des collègues de classe, à des profs, etc.

 

C. Troisième faculté de droit

1. Commentaires relatifs au contenu du programme d’études

  • Il devrait y avoir des discussions au sujet des politiques dans les cours de première année
  • Les cours devraient traiter le droit d’un point de vue critique – pouvoir du droit, résultats obtenus grâce au droit, omissions, où sont les « trous » en droit
  • Importance de la mise en contexte – lier le contenu du cours à la culture de [la faculté]

2. Comment, quand et où traiter de ce sujet

  • Besoin de changer la façon de discuter de VEF, surtout dans les cours de droit criminel de 1re année
  • Il faudrait en discuter, mais on ne le fait pas
  • Profs doivent être en mesure d’encadrer les débats mieux qu’ils le font en général : peut-être leur fournir un document de référence sur les « pratiques exemplaires »
  • Sujet pourrait être soulevé de la même façon que les questions autochtones sont maintenant traitées en 1re année de droit
  • Peut-être dans le cadre du [cours intensif] – mais certains croient que des étudiants ne prennent pas le [cours intensif] au sérieux
  • Doit être intégré dans tout le programme d’études
  • Doit être traité dans tous les cours de 1re année
  • Une partie du problème dépend de l’identité du/de la prof
  • Doit faire partie de la culture de la faculté de droit
  • Inviter des gens provenant de l’extérieur de l’Université
  • Créer un centre de ressources jurisprudentielles, de recherches, etc. pour l’usage des étudiants et des professeurs : les ressources pourraient être colligées avec PBSC en collaboration avec la bibliothèque

 

D. Quatrième faculté de droit

1. Commentaires relatifs au contenu du programme d’études

  • Besoin de parler également avec des personnes ayant vécu de la violence
  • Obtenir les commentaires des groupes communautaires d’aide aux femmes, en plus des professeurs de droit
  • En général, on n’offre pas assez de formation en défense des droits/habiletés professionnelles (traiter avec la clientèle) pour aider à obtenir des stages – ce contenu pourrait servir de base à un cours sur les habiletés professionnelles
  • Il faut maîtriser la base du sujet avant de tirer avantage de particularités
  • Utiliser le programme d’études à titre d’exemple pour traiter d’un plus grand sujet (p. ex., nécessité d’avoir un accord de volonté pour réhypothéquer une maison)
  • Devrait permettre de se familiariser avec des problèmes liés au pouvoir, au contrôle et à l’abus qui pourraient permettre d’améliorer sa pratique pour tous les clients, et non pas seulement pour les cas de VEF
  • Former en gestion de la pratique du droit pour traiter de questions de pouvoir, de contrôle et d’abus
  • Important de faire tomber les stéréotypes au sujet de la VEF et de la culture
  • Le fait d’enseigner comment interagir avec les clients est important
  • Du « brouillage culturel » – c’est ce que fait un bon avocat

2. Comment, quand et où traiter de ce sujet

  • Ça pourrait être intégré dans le [cours intensif]
  • Peut-être pas – ce cours ne rejoint que 50 personnes
  • Il devrait s’agir d’un enseignement obligatoire pour tous les étudiants de 2e année
  • Se marie bien avec les nouvelles exigences du BHC en matière de déontologie
  • Possibilité de se modeler sur le programme « ASSIST » qui prépare ceux qui travaillent avec une clientèle ayant des problèmes de santé mentale – techniques d’entrevue, etc.
  • Devrait commencer dès le début de la formation en 1re année de droit
  • La difficulté d’offrir un cours autonome, c’est que ça sépare la VEF des autres sujets alors qu’il faudrait l’intégrer dans une grande variété de matières
  • Possibilité de l’intégrer au cours de règlement des conflits – cette formation traite de « culture », dans le sens de pays d’origine, etc., mais on pourrait y traiter de la culture liée à la VEF
  • Défi possiblement lié à qui est l’enseignant(e) et quelles sont ses expériences/habiletés
  • Certains étudiants sont très enthousiastes à l’idée d’utiliser les jeux de rôles comme méthode d’enseignement – d’autres, fermement convaincus que ça ne fonctionnerait pas
  • Amener des experts pour ajouter aux connaissances du/de la prof (ou manque de connaissances ou inconfort avec la matière)
  • Mise en contexte réelle/jumelage
  • Cliniques de mises en situation avec acteurs jouant le rôle des clients
  • Les études de cas fonctionneraient bien – elles permettent aux étudiants d’apprendre l’un(e) de l’autre et de maîtriser de nouvelles habiletés
  • Importance d’englober le plus de matière possible pour atteindre le plus grand nombre de classes possibles et modifier la culture générale
  • Besoin de trouver comment rendre les gens plus réceptifs s’ils sont de prime abord résistants et qu’ils pensent qu’il s’agit d’un parti pris « féministe »

3. Commentaires concernant la culture actuelle de la faculté de droit au sujet de la VEF

  • Besoin d’enseigner la matière dans un contexte sécuritaire pour les étudiants
  • Beaucoup de professeurs ignorent les notions de base et ne savent pas comment animer des discussions en classe traitant d’agression sexuelle/de violence familiale
  • Un grand nombre d’étudiants ont des préjugés inexacts sur la VEF, qui teignent leur façon d’aborder le matériel pédagogique qui leur est présenté
  • Les profs devraient préciser les paramètres de discussion et les règles de comportement en classe lorsque ces sujets sont discutés
  • Il y a un manque de respect pour les femmes qui ont connu la violence; on ne croit pas que ça arrive à des collègues de classe, à des profs, etc.

 

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